Warning: array_key_exists() expects parameter 2 to be array, boolean given in /home/blamail1/public_html/wp-content/plugins/bluet-keywords-tooltip-generator/advanced/functions.php on line 226
UA-39107061-1
Tél. : 06 14 24 89 00

Blog de Former Plus Haut!

Bienvenue dans cette section

Vous trouverez ici nos articles de blog. N'hésitez pas à parcourir également les commentaires (les liens figurent après chaque titre d'article), et à y laisser le vôtre, le cas échéant. Bonne visite !

Comment bien démarrer une formation : Le démarrage “RAPIDOS”

 

On se demande parfois comment on va bien pouvoir démarrer une formation...

"Quand j'anime une formation, je ne sais pas par où commencer…"

En situation de formation, mais aussi lors d'une réunion de travail, les premières minutes de face-à-face sont déterminantes pour la suite de la session à venir. Il convient donc de les soigner particulièrement.

Il existe mille façons de démarrer une session de formation. Celle que nous vous proposons ici a le mérite de laisser le moins de choses possible dans l'ombre.

Rien de plus fâcheux en effet que d'avoir à traiter un aspect matériel, par exemple en réponse à une question du type «…Au fait, à quelle heure s'arrête-t-on pour la pause de midi ? » en plein milieu d'une séquence nécessitant particulièrement l'attention de l'auditoire !

Le démarrage "RAPIDOS", qu'est-ce que c'est ?...

Le démarrage « R.A.P.I.D.O.S. »[1]va s'efforcer de passer en revue les points suivants :

Rapporteur (appartenant au groupe)

Animateur (présentation de l')

Participants (présentations des)

Informations diverses (règles de vie, utilisation des téléphones portables...)

Durée, horaires...

Objectifs, attentes, états d’âme...

Sujet (comment allons-nous nous y prendre ?)

Ce démarrage s'applique aux sessions de formation, mais aussi à de nombreuses situations de travail dans lesquelles plusieurs personnes sont impliquées, avec une certaine unité de temps et de lieu (telles que les réunions…).

Si vous êtes pressé(e), voici sous ces lignes un lien vers le diaporama qui résume la méthode.

Démarrage Rapidos (version diaporama)

Si vous voulez d'avantage d'informations, voilà plus précisément en quoi cela consiste :

« R » comme Rapporteur

Il peut être intéressant de demander au groupe s'il souhaite désigner un rapporteur, c'est-à-dire une personne à même de communiquer aux autres un compte-rendu, ou du moins les notes qu'il aura prises. Cela peut par exemple permettre aux autres participants de savoir vers qui ils peuvent se tourner pour se procurer les notes de telle ou telle partie de la session pour laquelle ils auront eu un empêchement ou une « perte d'attention », le cas échéant. Bien entendu, rien ne s'oppose à ce que tout le monde accepte le rôle de rapporteur ! C'est excellent pour la cohésion du groupe ! Mais dans tous les cas, laissez les choses venir… le gens sont souvent beaucoup plus capables qu'on ne le croit de s'organiser par eux-mêmes ! L'essentiel est que le groupe désigne un (ou plusieurs) rapporteur(s), et que ça vienne de lui !

Remarque : Pour ce qui me concerne, dans certains cas je n'hésite pas à « zapper » cette phase du rapporteur. Notamment dans certaines interventions à contenu très technique, où elle me paraît peut-être moins cruciale… cela étant, je connais des animateurs qui la maintiennent, même en pareil cas.

« A » comme Animateur

L'animateur de la session, c'est vous ! Il s'agit donc de raconter brièvement qui vous êtes. Il est en effet important que les participants, qui dans bien des cas ne vous ont jamais vu, se fassent une idée de celui ou celle à qui ils vont avoir affaire. Tâchez de les y aider, en sachant rester bref, en évitant les présentations trop pompeuses. Et méfiez-vous de cette forme de stress qui engendre des attitudes de prestance (consistant par exemple à décliner une impressionnante collection de diplômes, certifications et autres pedigrees…). C'est souvent mauvais pour le climat ultérieur !

Pour ce qui me concerne, je ne manque jamais d'ajouter une petite touche personnelle, en précisant que j'adore mon métier, et que je suis toujours très heureux de faire de nouvelles rencontres, ce qui est parfaitement exact.

J'en profite pour écrire l'orthographe exacte de mon nom dans un coin du tableau, puis j'entoure mon prénom, tout en disant « Appelez-moi donc Bernard, en session de formation on s'appelle le plus souvent par le prénom, cela fait des années que tout le monde arrive très bien à m'appeler comme ça, je ne pense pas que vous serez les premiers à échouer ! ».

J'en profite pour demander aux participants de fabriquer des petits « chevalets » en papier ou en carton (il arrive qu'ils soient fournis par l'organisation) en leur demandant d'inscrire (ou d'entourer) ce par quoi ils souhaitent que je les appelle. Et j'ajoute « N'hésitez pas, si je lis « Totor » je vous appellerai comme ça, si je lis « M. Le Président Directeur Général » aussi. Écrivez ce que vous voulez ! Ainsi, je montre bien que je souhaite qu'on m'appelle par mon prénom, mais que les autres sont libres de faire le même choix… ou pas !

Gardez bien à l'esprit que la situation de départ a quelque chose de dissymétrique : c'est que, mine de rien, en pareille situation, l'animateur est de facto investi d'un pouvoir énorme, car les circonstances le placent d'une certaine façon « au-dessus » des autres, lesquels (du moins à ce stade) en conçoivent de bien légitimes craintes [2].

Si vous jugez utile de conserver (voire d'amplifier) cette dissymétrie, libre à vous, mais sachez que, sans même qu'il soit besoin d'évoquer ici des questions d'éthique, vous serez en pareil cas mathématiquement beaucoup moins efficace dans votre mission, car des esprits encombrés par une forme de stress (si faible soit-elle) sont forcément moins disponibles pour acquérir de nouvelles connaissances, tout simplement.

« P » comme Participants

Quel que soit le sujet de votre intervention, il me paraît indispensable de donner la parole aux participants le plus tôt possible, et ceci pour plusieurs raisons. Voilà en gros ce que je leur dis :

« Nous sommes ensemble pour une durée de […], dans le cadre d'une session de formation intitulée « […] ». Comme vous pouvez l'imaginer, j'ai déjà une feuille de route précise par devers moi, nous l'étudierons ensemble tout à l'heure, mais il me paraît intéressant à ce stade d'écouter vos attentes (…s'il y en a), afin que nous puissions voir d'emblée dans quelle mesure elles pourront être exaucées… ou pas ! ».

Ensuite, j'enchaîne avec « N'hésitez pas à nous raconter tout ce que vous souhaitez, tout en veillant à y inclure les trois points suivants [3] :

  • Votre travail…
  • Vous êtes ici à la suite de…
  • Vos attentes et (éventuellement) états d'âme ».

Pour le premier point (« Votre travail »), je recherche des indications sur le métier de chacun, sa position dans l'organisation, ses relations hiérarchiques et fonctionnelles avec les membres et les partenaires de son organisation.

Pour le deuxième point (« Vous êtes ici à la suite de… »), j'ai besoin de savoir, pour chacun des participants, s'il est venu assister à la session de formation à la suite d'une demande expresse de sa part, ou bien à l'initiative de son supérieur direct, ou encore pour remplacer une personne qui n'a pas pu venir, voire pour une raison totalement inconnue de lui (cela vous surprendra peut-être, mais cela arrive aussi !). Je leur précise bien que, durant toute la session, je m'efforcerai de leur rendre la vie la plus agréable possible dans tous les cas, mais que, étant donné que «…nous voici réunis dans la même galère, il n'y a aucune raison de se faire des cachotteries ».

Le dernier point (« Vos attentes et états d'âme ») est plus délicat, mais néanmoins très important à mes yeux : en effet, il me paraît capital, dans tous les cas, d'avoir une idée la plus précise possible de ce à quoi s'attend chacun des participants avant même que nous entrions dans le vif du sujet. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'avant que nous soyons réunis, il y peut y avoir déjà eu plusieurs échanges et tractations entre plusieurs personnes... et parfois ces personnes sont nombreuses! Certes, il est souhaitable que le participant soit partie prenante dans ces échanges, mais comme chacun le sait, entre ce qui est souhaitable et ce qui existe dans les faits, il peut y avoir un… léger décalage. Si quelqu'un a du mal à exprimer quelque attente que ce soit, n'hésitez pas à formuler la question différemment : « Qu'est-ce qui peut faire que vous soyez plus content en partant d'ici qu'en arrivant ? »

Attention ! Ne tombez surtout pas dans le piège consistant à négocier des contenus de formation en direct avec les participants ! Outre le fait que cette attitude est peu professionnelle, elle est de plus très dangereuse. Vous risqueriez, dans le meilleur des cas, de vous embringuer dans un débat aussi interminable qu'inapproprié et houleux avec tout ou partie du groupe, et de vous lancer – pour tout le reste de la session – dans un numéro des plus inconfortables de jongleur équilibriste, contraint d'improviser jusqu'au bout, paniqué par la question de savoir s'il est à la hauteur du piège dans lequel il s'est lui-même fourré ! En agissant de la sorte, vous ne seriez sûr de rien, ou plutôt si, d'une seule chose : aller droit à la catastrophe ! Et je ne vous parle pas de la suite des relations avec le commanditaire…

En fait, à ce stade-là, il est important de ne pas se fourvoyer dans des explications (…lesquelles viendront en temps utile), et encore moins dans des justifications.

Laissez plutôt s'exprimer les participants, et contentez-vous pour le moment de noter leurs attentes. Il se trouve que pour ma part je prends beaucoup de notes à ce stade-là, sans recopier textuellement ce que j'entends, bien entendu, mais en m'efforçant plutôt de le résumer le plus fidèlement possible… Je fais même souvent cela directement au tableau, ce qui est d'une très grande richesse pour le débriefing de fin de session !.

Important : je ne commente jamais en direct ce que je suis en train d'écrire. Si j'entends des choses aussi surréalistes que «…J'aimerais savoir conduire une voiture, mais j'ai besoin de travailler uniquement les virages à droite, parce que je maîtrise parfaitement les virages à gauche », eh bien je note tout ceci sans broncher, car le moment n'est pas à la discussion (du moins pas encore).

Et si d'aventure un participant se met à mélanger attentes et questionnements (sur le mode « J'aimerais bien qu'on évoque ceci et cela pendant le stage… Est-ce que c'est prévu ? »), je lui explique, aimablement mais fermement, que nous allons recueillir tout d'abord toutes les attentes du groupe, et ensuite seulement examiner ce qui est possible (…et éventuellement ce qui ne l'est pas). Le plan du démarrage « R.A.P.I.D.O.S. » est d'ailleurs précisément conçu pour cela !

Enfin, si en plus de la question des attentes j'ai parlé d' « états d'âme », c'est notamment pour permettre à ceux qui seraient éventuellement venus à contrecœur de s'exprimer librement et de vider leur sac. Mais ce dernier point mérite davantage d'explications :

Il peut en effet y avoir dans l'assistance des personnes carrément allergiques au sujet traité, qui peut carrément leur « donner des boutons », comme on dit. En pareil cas il peut être bon que ces personnes aient tout de suite l'opportunité d'exprimer cet état de fait. Si vous leur en avez spontanément donné l'occasion, elles vous en seront le plus souvent reconnaissantes par la suite, au lieu de se comporter en « Schtroumpfs grognons » et de plomber l'ambiance jusqu'au bout…

Maintenant, plaçons le curseur à l'autre extrémité : si d'aventure un participant se déclare particulièrement motivé, voire passionné par le sujet qui nous rassemble, cela peut également être une information précieuse dès le début. En effet, il y a de grandes chances pour que ce participant constitue par la suite une précieuse ressource pour vous… et une « locomotive » pour le groupe. Autant le savoir tout de suite !

Bien entendu, je ne manque jamais de préciser que chacun d'entre nous est tout à fait autorisé à ne pas avoir d'état d'âme par rapport à ce qui va suivre ! Nous autres formateurs sommes là pour venir en aide aux participants, en aucun cas pour sonder les reins et les cœurs ! La partie « états d'âme » est donc bien entendu présentée comme clairement facultative.

« I » comme Informations

Il s'agit là de régler tous les détails logistiques (où se trouvent, le cas échéant, la salle de pause, la machine à café, les toilettes, l'endroit où nous prenons les repas en commun – si tel est bien le cas – et toutes les questions de cet ordre-là).

Profitez-en donc pour régler (avec un certain dosage de douceur et de fermeté) la question des téléphones portables. Pour ma part, je vérifie que le mien est en mode « réunion », et qu'aucune sonnerie ne viendra nous interrompre. Même dans les cas où je sais très bien que j'ai déjà vérifié, je « mime » une vérification, tout en la commentant, car j'ai remarqué que ce geste est contagieux… Ce simple fait a pour effet d'inciter tous les participants à faire comme moi, spontanément. Ensuite, je précise que si quelqu'un a besoin de passer un appel à un moment ou à un autre, qu'il ne se gêne surtout pas… à condition toutefois de sortir de la salle pour cela (rappelons que, comme pour tout ce qui va sans dire, cela va mieux en le disant !) [4].

Vous pouvez aussi traiter brièvement la question des participants qui ont tendance à traiter leurs messages électroniques (sur ordinateur, tablette, téléphone ou que sais-je encore…) pendant la session de formation. Pour avoir souvent eu affaire à ce genre de situation, je suis parfaitement conscient de ce que cela peut avoir d'irritant pour le formateur. Je vous conseille de toujours traiter ces questions avant qu'un éventuel incident ne survienne (sinon il va vous falloir ramer très dur !).

Expliquez tout simplement, en évitant d'employer un ton exagérément professoral, directif ou infantilisant, que vous êtes totalement disponible pour le groupe qui est présent, pendant toute la durée de la session (et même parfois au-delà), et que vous serez sensible à une attitude semblable de la part du groupe en retour.

N'hésitez pas à préciser de vive voix quelque-chose du type «…Signe des temps, nous sommes de plus en plus nombreux à avoir pris de telles habitudes pendant les réunions de travail… Mais justement, nous ne sommes pas en réunion de travail. Une session de formation, c'est différent » [5]...

Cela dit, il est important que vous soyez en pareil cas tout à la fois cohérent et convaincant. « Cohérent », en vous rendant réellement disponible pour le groupe [6]… Et « convaincant », en vous mettant bien en tête que les participants se disperseront d'autant moins que vous saurez vous-même les captiver…

Toutes choses égales par ailleurs, au risque de surprendre, voire de choquer, je n'hésiterai pas à affirmer que ces questions-là sont largement de votre responsabilité. Dans une autre vie, j'ai en effet le souvenir d'avoir assisté (en tant qu'enseignant) à des conseils de classe, au cours desquels certains de mes collègues se plaignaient de l'agitation généralisée d'une classe entière, alors que d'autres avaient l'impression d'avoir affaire à un groupe d'enfants étonnamment calmes et attentifs… C'était à se demander si l'un et l'autre avaient bien affaire aux mêmes élèves !

« D » comme Durée

Il s'agit de bien se mettre d'accord sur tout ce qui relève des découpages temporels : début, fin, durées, horaires… sur le mode suivant :

La session se déroule de telle date à telle date, nous nous retrouvons le matin à telle heure (compter une quinzaine de minutes avant l'horaire officiel), pour commencer effectivement à telle heure… et finir à telle heure. La pause du midi se prend de telle heure à telle heure, et il est prévu une pause de x minutes en milieu de matinée et en milieu d'après-midi. Dans bien des cas, nous pouvons prendre ces pauses d'un commun accord, en fonction de la progression pédagogique.

« O » comme Objectif

Dans un certain nombre de cas, les participants (ou tout au moins le commanditaire de la session) auront déjà reçu un document contenant une phrase du type « A l'issue de cette formation, les participants seront capables de… ».

De votre côté, vous disposez (peut-être) d'une feuille de route (communément appelée « plan de cours »).

Par ailleurs, vous avez peut-être vous-même une idée plus ou moins précise des différents objectifs et types d'acquisition escomptés, ainsi que des types de connaissances et niveaux de maîtrise que vous pouvez viser pour vos participants. [7]

Et voilà que viennent de s'ajouter, il y a quelques minutes à peine, les attentes que vos participants viennent d'exprimer à chaud, une fois face à vous !

Arrivé à ce stade, il est important que vous ayez une idée claire de ce qui sera possible et de ce qui ne le sera pas. Si vous êtes débutants, il est plus prudent de rester dans le cadre que vous vous êtes fixé, et ceci afin d'éviter toute dérive, débordement, ou sentiment de « travail bâclé ». Par la suite, l'expérience aidant, vous pourrez toujours prendre, en conscience et « en direct », la décision souveraine de modifier telle ou telle partie, d'ajouter tel point, de retirer tel autre… En ayant bien en tête qu'il existe un commanditaire, qui a lui aussi ses propres attentes, attentes qu'il n'est pas question de bafouer !

Voici comment, pour ma part, j'ai l'habitude de procéder :

Je reprends rapidement chacune des attentes évoquées précédemment par les participants, et pour chacune d'entre elles (après avoir éventuellement demandé à la personne de préciser sa pensée) j'énonce clairement « Ce sujet sera effectivement traité », ou encore « Désolé, mais c'est impossible ». Si d'aventure une personne venait à se braquer d'une façon ou d'une autre à ce moment-là, dites-vous bien qu'elle l'aurait fait de toute façon, à un moment beaucoup plus gênant pour tout le monde, et surtout… assumez vos positionnements.

Il faut bien se mettre en tête que tout le monde va bien être obligé de naviguer sur le même bateau, et ceci pendant toute la durée de la session ! Si (pour reprendre l'exemple cité quelques lignes plus haut) quelqu'un veut apprendre à négocier les « virages à droite » et refuse catégoriquement qu'on aborde la question des « virages à gauche » au motif que cela lui ferait perdre du temps, ne remettez jamais en cause le bien-fondé de ses paroles. En revanche, expliquez-lui que sa demande n'est pas applicable au vu de la configuration actuelle (nombre de personnes, attentes exprimées par les autres, durée et programme prévus, etc.) Si la personne se montrait par trop insistante, n'hésitez surtout pas à lui dire tout simplement que vous ne savez pas faire ! Dans le pire des cas, s'il doit y avoir un clash (à l'issue duquel la personne, plus ou moins désolée ou furieuse, quitte la salle avec le sentiment d'avoir été « mal aiguillée »), eh bien il vaut mieux que cela ait lieu dès ce moment-là ! [8].

Une fois que vous avez validé (…ou pas !) la « faisabilité » de traitement des diverses attentes, présentez brièvement ce qui peut être considéré comme un objectif recevable, à savoir «…ce que les participants seront à même de faire », non pas « ...à l'issue de cette formation », mais après une période d'acclimatation, d'incubation, de mise à l'épreuve, de « digestion » si l'on veut… [9]

« S » comme Sujet

Le sujet désigne ici la manière dont nous allons nous y prendre pour atteindre l'objectif dont nous venons de parler.

Il s'agit tout simplement de présenter au groupe ce qu'on peut appeler le « plan du déroulement de la session ». Dans l'idéal il correspond point par point au programme qui a été communiqué. Si vous venez de constater des différences mineures de vocabulaire (Exemple : ils ne disent pas « voiture », mais « automobile »), n'hésitez pas à les faire vôtres, du moment que vous êtes certains que cela parle de la même chose.

En matière de conclusion...

Voilà. Comme vous pouvez le constater, le démarrage « R.A.P.I.D.O.S. » s'efforce de ne rien laisser dans l'ombre, et revêt l'avantage de vous permettre de passer très vite dans le vif du sujet sans trop de mauvaises surprises.

N'hésitez pas, le cas échéant, à laisser une trace sur un tableau (tableau blanc, tableau de papier, tableau interactif, selon le cas…) du démarrage qui est en train de se dérouler. Personnellement, en pareil cas, j'inscris au préalable l'acronyme « RAPIDOS » verticalement, en grosses lettres à gauche du tableau, et je comble l'espace restant « en direct » avec quelques mots clés (surtout pour les parties « ...D, O, S. »).

Si d'aventure, lors de ce démarrage, un participant vous apostrophe sur tel ou tel point (concernant par exemple l'utilisation des téléphones), en vous faisant observer que «ce sont des évidences », n'hésitez pas à lui répondre en souriant que «…tout ce qui va sans dire, ça va mieux en le disant ».

Le démarrage « R.A.P.I.D.O.S. » est tellement sûr et confortable qu'il vous permet de répondre tout à la fois avec bienveillance et assurance à tous les « anxieux du début [10]« qui vous assaillent de mille questions avant même que tout le monde soit arrivé. Ainsi vous pourrez les rassurer en leur promettant que «…toutes ces questions seront traitées une fois que tout le monde sera là », et même que « c'est précisément par cela que nous allons commencer ». Ce faisant, n'oubliez pas de dire tout cela avec le sourire… et surtout de bien vous souvenir que le ton que vous employez en pareil cas est tout aussi important (…sinon plus) que le contenu.

Dernier point : à l'issue de mes démarrages, vous n'imaginez pas le nombre de participants lancent spontanément une affirmation du type « Eh bien voilà qui est parfait, nous avons déjà appris quelque chose avec le Démarrage «R.A.P.I.D.O.S. »,…c'est toujours ça de pris ! ».

Elle est pas belle, la vie ? 🙂

 

filet

N O T E S

[1] Cette technique m'a été transmise par Marc Fonfreide, à qui je tiens ici à rendre hommage.

[2] Cf. la section "Peur contre peur", dans l'ouvrage cité sous ces lignes.

[3] Important : ces points seront de préférence écrits (ou projetés) au tableau.

[4] Petite précision : à ce stade-là, j'invite toujours les participants ayant besoin de sortir de la salle quelques minutes pour quelque raison que ce soit à un moment ou à un autre de la session… à le faire spontanément, sans solliciter la permission du groupe, mais en ayant également à cœur de ne pas perturber la session (encore une fois nous ne sommes pas à l'école). Dans la pratique, cela ne se produit en définitive que très peu souvent (dans mon cas).

[5] N'oubliez pas ce qui vient d'être exposé dans la note précédente : si les gens «se sentent autorisés» à sortir de la salle (pour passer un message urgent, ou n'importe quoi autre), ils ne se sentiront pas «piégés», et du coup, le feront peut-être… très peu !

[6] J'ai en effet rencontré quelques formateurs qui avaient la fâcheuse habitude de laisser le groupe en plan pendant de longues minutes sous prétexte qu'un client important cherchait justement à les joindre au téléphone à ce moment précis… Dans ces conditions, à quelle attitude peuvent-ils s'attendre, venant des participants… ?

[7] Cf. p. 63 (de  l'ouvrage cité sous ces lignes).

[8] Soyez rassuré(e), le cas est rarissime. Dans la quasi-totalité des cas, les personnes se montrent en définitive beaucoup plus "raisonnables" qu'on aurait pu le penser dans un premier temps !

[9] Cette période n'étant jamais la même d'un individu à l'autre, et dépendant le plus souvent d'un grand nombre de contingences, elle est le plus souvent extrêmement difficile à évaluer !

[10] Il y en a toujours au moins un ou deux…

filet

 

Filet séparateur rigolo bleu 300x72
 

Couverture du livre "Construire et animer une session de formation (2e édition) par Bernard Lamailloux


Cet article a été repris sous une forme légèrement différente dans un livre de conseils aux formateurs intitulé  « Construire et animer une session de formation » paru en juini 2018 aux éditions DUNOD (2e édition, enrichie et actualisée).

 

///////

Le futur est entre nos mains

Dans le Tennessee, un vieil homme avait jadis la réputation de trouver toutes les réponses aux questions que les gens lui posaient.

Un jour, un jeune garçon entreprit de piéger le vieil homme. Pour cela, il captura tout d'abord un petit oiseau, qu'il enferma entre ses mains. Ensuite il mit au défi le vieil homme de répondre à la question suivante : "L'oiseau que je tiens entre mes mains est-il mort ou vivant ?"

Bien évidemment, le jeune garçon avait la ferme intention d'étouffer l'oiseau dans le cas où le vieil homme affirmerait que celui-ci était est vivant.

Contre toute attente, le vieil homme lui dit alors : "La réponse est entre tes mains, mon garçon."

///////

Les critères

Si l’on se fie à la définition du dictionnaire, un critère est "...ce sur quoi on se fonde pour porter un jugement".

Je me souviens de l'exemple de ce monsieur, à l'allure tout à fait classique, qui disait à qui voulait l'entendre qu'il se sentait volontiers triste parce qu'il "…manquait d'élégance". Son entourage en était très étonné, puisque ce monsieur n'avait, ni de près ni de loin, que ce soit dans son comportement, son accoutrement, sa manière de parler ou d'agir, rien qui ne fasse penser a priori à un manque d'élégance.

Or, il advint qu'un jour ce monsieur livra le fond de sa pensée à une personne particulièrement curieuse, en donnant la clé de l'explication : "Je manque singulièrement d'élégance parce que je ne sais pas danser. Pire : à chaque fois que je m'y essaie, je marche immanquablement sur les pieds de mes cavalières!". Voilà en substance ce qu'il déclara.

Subjectivité

On voit par là que le critère est le royaume de la subjectivité. En effet, pour l'entourage de ce monsieur, personne n'aurait pu imaginer (sauf à le voir danser – et encore –) en quoi il pouvait manquer d'élégance, avant qu'il ne confie précisément à autrui ce sur quoi il se fondait pour porter un tel jugement.

Il est déjà parfois complexe de comprendre les jugements des autres, car ils ne possèdent pas forcément les mêmes croyances, ni les mêmes valeurs que nous (ce qui est la source de bien des différents et malentendus). C'est d'ailleurs la raison pour laquelle, lorsque j'entends prononcer ces deux mots ("Le jugement") je me plais à imaginer qu'il y en a en fait trois ("Le… juge… ment").

Mais si de surcroît on prend en compte la notion de critère, cela ajoute encore à la difficulté que nous pouvons avoir à communiquer. En effet, deux personnes peuvent très bien partager les mêmes valeurs et les mêmes croyances, mais se fonder sur des critères totalement différents pour porter tel ou tel jugement. Je ne vous raconte pas les malentendus…

Un exemple flagrant : le "séchoir à châtaignes"...

Il y a quelques jours, alors que je séjournais dans l'Île de Beauté (qui à mes yeux porte très bien son nom) j'ai été invité à découvrir un restaurant particulièrement pittoresque, situé au fin fond d'un des villages les plus hauts de la région montagneuse qu'on appelle la Casinca.

Situé en plein cœur du Parc Régional Naturel de Corse, ce village s'appelle Loreto di Casinca, et le restaurant en question s'appelle quant à lui "U Rataghju", ce qui signifie littéralement "Le séchoir à châtaignes".

Un établissement difficile à trouver

C'était en plein mois d'août, il était environ 13 heures, ma compagne était déjà venue auparavant, mais avait oublié la configuration des rues. Si bien que nous avons erré dans le village comme deux âmes en peine, bientôt suivis par un autre couple de touristes aussi perdus que nous, lesquels nous apprirent bientôt qu'ils cherchaient à se rendre au même endroit. Pas un chat dans les rues à cette heure-ci, un vague parcours plus ou moins fléché qui nous a perdus à plusieurs reprises (car il s'interrompait plusieurs fois, pour de mystérieuses raisons). Jusqu'au dernier moment, nous doutions vraiment d'y arriver. D'un autre côté, je suis certain que ce fut pour nous l'occasion de parcourir des artères de Loreto di Casinca qui nous seraient restées totalement inconnues sans cela. Il faut préciser que le cheminement tient des montagnes russes, comprenant de nombreuses ruelles escarpées, ainsi que quelques escaliers. Et que la vue qui s'offrait à nous au détour d'un chemin était parfois à couper le souffle.

Un accueil en famille

Arrivés enfin sur place, nous découvrîmes un lieu très discret, qui aurait pu passer pour la demeure de n'importe quel villageois alentour. Seul, un vague écriteau de bois était là pour nous détromper. La grand-mère qui se tenait dans l'entrée nous a fort aimablement accueillis tous les quatre avec un sourire tellement chaleureux qu'il aurait fait s'envoler en fumée la moindre frustration liée au temps passé à errer dans les ruelles à la recherche du lieu. J'avais d'ailleurs vaguement préparé une phrase du genre "Eh bien dites-donc, il n'est pas facile à trouver votre établissement, enfin moi je dis ça juste dans votre intérêt, hein?...". Et puis allez savoir pourquoi, en apercevant la vénérable grand-mère, je m'en suis abstenu.

Et quand j'écris "Grand-mère", c'est à prendre au pied de la lettre : Nous apprîmes bientôt que le cuisinier n'était autre que le fils de la dame, et le serveur… son petit-fils!

Un menu imposé, comme à la cantine

La question un peu inquiète ("Vous venez bien pour le menu Corse?") du jeune homme nous conforta dans l'idée que le restaurant servait un menu unique. De fait, aucune carte ne nous fut présentée. Quand on est dans de l'authentique à 200 pour 100, on ne va tout de même pas se mettre à chipoter… et la vérité m'oblige à préciser que j'étais prévenu. L'endroit est petit (j'ai compté qu'on pouvait servir une trentaine de couverts dans la salle où nous étions) et plus que convivial.

De la vaisselle de tous les jours

La vaisselle style "Arcopal acheva de nous donner le sentiment de déjeuner en quelque sorte chez l'habitant, en toute simplicité. Nous nous y sommes sentis parfaitement à l'aise.

Des plats traditionnels

Servis en quantité généreuse, les plats étaient succulents à mon goût. Ils étaient tous faits maison, avec talent et je dirais même amour. J'ai été particulièrement impressionné par une assiette de charcuterie traditionnelle accompagnée de beignets à base de fromage de brebis. Il y avait aussi une sorte de bœuf en daube avec une sauce à tomber par terre, des lasagnes (faits maison comme tout le reste) et une énorme prune, de la taille d'une pêche, servie avec d'autres fruits du verger pour le dessert.

Mon sentiment

J'ai écrit plus haut que les plats avaient été cuisinés avec talent et même amour. C'est la première fois de ma vie que je ressens cet amour lors d'un repas faisant l'objet d'une tractation. J'ose le dire : mon ravissement était à son comble, et j'ai été plus d'une fois au bord des larmes. Et je ne vous parle pas de la bouteille de vin rouge posée avec autorité mais sans façons sur le coin de notre table… C'était pour mon palais un des meilleurs crus qu'il soit. Bref, ce fut le menu d'un jour béni.

Petite précision : ce repas aussi copieux que délicieux nous a été servi pour la modique somme de 30 euros par personne, vin et café compris. Et la délicieuse "goutte" (un alcool de myrte, me semble-t-il) était bien entendu offerte…

 

Quant au décor, il était à l'avenant. Mais en la matière, une photo vaut bien mieux qu'un long discours…

 

 

Le jugement de quelques autres

Lorsque nous ressortîmes, repus, heureux et comblés, ma compagne me fit une révélation qui m'a complètement chamboulé l'entendement : Il y avait sur un site consacré à la critique gastronomique plusieurs avis de consommateurs disant en substance que [!...] la nourriture et la vaisselle manquaient de raffinement, que le service laissait à désirer, et que l'établissement ne méritait en rien le vocable de "restaurant".

Conclusion

Cet établissement se situe clairement en dehors des circuits touristiques, et n'est pas forcément répertorié dans tous les guides gastronomiques (exception notable : le Guide du Routard). Il faut préciser que les propriétaires ne font aucune publicité, et que la dimension marketing est à l'évidence totalement absente de leur univers.

Cette expérience fut pour moi une bien belle occasion de toucher encore une fois du doigt la notion de critère, justement. Précisément, il s'est trouvé qu'en l'espèce, tout ce qui avait provoqué mon plaisir, mon émotion et mon enthousiasme a été précisément source de désagrément pour d'autres…

Un établissement difficile à trouver, un accueil en famille, un menu imposé comme à la cantine, des plats traditionnels servis dans de la vaisselle de tous les jours, tout cela semble avoir fortement déplu à certains…

Ainsi va la vie, tâchons de rester philosophes.

Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé et le courage de changer ce qui peut l`être mais aussi la sagesse de distinguer l’un de l’autre

Citation attribuée à Marc Aurèle, et/ou à Konrad Zacharias Lorenz (Zoologiste autrichien [1903-1989] et prix Nobel)

 

 

 

///////

Nous naissons tous avec un génie créatif naturel. C’est après que ça se gâte…

génie créatif ou usine à gaz ?

Notre génie créatif naturel est étouffé dès notre naissance

Lors d'une conférence TEDxTucson , le Dr George Land a lancé une véritable bombe en livrant le résultat d'un test. Ce test de créativité, développé à l'origine pour la NASA, a ensuite été utilisé sur des écoliers. La NASA avait contacté deux scientifiques (le Dr George Land et Beth Jarman) pour développer un test hautement sophistiqué. Ceci afin de se donner les moyens de mesurer efficacement le potentiel créatif de ses scientifiques et ingénieurs. Le test s'est révélé très fructueux pour la NASA, mais les scientifiques se sont posé certaines questions : D'où vient la créativité ? Certaines personnes sont-elles nées avec ou est-ce acquis ? Ou encore cela vient-il de notre expérience ? Lire plus

///////

Illusion d’optique – La femme sans âge (ressource pédagogique)

Texture feuilles et pavés - illusion d'optique

Bonjour,

Vous connaissez probablement cette célèbre image :

illusion d'optique célèbre - quel âge a cette femme

Quel âge donnez-vous à cette femme ?

Si par hasard vous ne la connaissez pas, demandez-vous quel âge vous donneriez à la femme ci-dessus, à 10 ans près...

En fait, spontanément, certains y voient une jeune femme, presque de dos, et d'autres une vieille femme de profil. Si vous aviez quelque difficulté à apercevoir "l'autre" femme, pas de souci, vous allez tout voir dans un instant 🙂 Lire plus

///////

Une métaphore pour mieux comprendre le lâcher-prise

Bonjour,

La notion de lâcher-prise est assez souvent employée sur ce blog. Notamment pour bien la différencier de celle du laisser-faire.

Aujourd'hui une belle métaphore a été publiée sur Mission Guérison, un site ami.

Je vous la livre ci-dessous :

 

 

Sous ces lignes, un lien vers l'article de Mission Guérison :

Mieux comprendre le lâcher-prise

///////

30 exemples de croyances limitantes

Ce doigt pointant sur un cerveau illustre un article qui passe en revue une trentaine de croyances limitantes

A propos des croyances limitantes : Le site "passez à l'action"...

Le livre "Construire et Animer..." fait à de nombreuses reprises (au moins 7 fois, si l'on, en croit l'index) référence au concept de "croyances limitantes". Celles qui s'expriment le plus souvent en contexte de formation professionnelles sont les suivantes.

"De toute façon, je n'y arriverai pas", ou encore "Je n'ai aucune mémoire", voire "Je suis nul !"... Lire plus

///////

Comment les préjugés naissent et… durent !

Les annales de l’Empire chinois signalent aux environs de l’an 115 de notre ère l’arrivée d’un bateau, vraisemblablement d’origine romaine, que la tempête avait malmené et qui s’échoua sur la côte après des jours de dérive. Or, les passagers étaient des acrobates et des jongleurs qui à peine à terre voulurent se concilier les habitants de ce pays inconnu en leur donnant un spectacle. Les chinois virent ainsi - bouche bée - ces étrangers au long nez cracher le feu, nouer leurs membres, changer les grenouilles en serpents. Ils en conclurent à bon droit que l’Ouest était peuplé de clowns et de mangeurs de feu. Et plusieurs centaines d’années passèrent avant qu’une occasion de les détromper ne se présente.

Bernard Werber, "Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu".

 

///////

Qui est épuisé ?…

"Construire et animer une session de formation"... bientôt une 2e édition !

 

Bonjour. Si vous avez près de vous un exemplaire semblable à celui-ci, gardez-le précieusement car il s'agit désormais d'un objet collector !!!

Mon éditrice vient en effet de me contacter pour le lancement de la 2ème édition de "Construire et animer une session de formation", car (contrairement à son auteur, Dieu merci!) cet ouvrage est sur le point d'être épuisé.

La nouvelle version aura une couverture différente, et le texte sera légèrement remanié. Je vous en reparle très vite.

Avec un immense merci à tou(te)s pour l'intérêt que vous avez témoigné pour cet ouvrage !

 

Bien à vous,

 

Bernard Lamailloux

///////

8 idées reçues à propos des adultes surdoués

Illustration adultes surdoués

Monique de Kermadec a été interviewée dans un article intitulé "Surdoués, douance, précocité : 8 idées reçues" paru sur Psychologies.com

Voici sous ces lignes la liste de ces 8 fameuses idées reçues (...auxquelles elle tord consciencieusement le cou au fur et à mesure) : Lire plus

///////
quis, leo. elit. ut mi, dictum amet, Aenean